Notre archevêque, le Cardinal Woelki
Le 18 août 2026, notre archevêque, le Cardinal Woelki, fête ses 70 ans. Profitons-en pour lui rendre le présent hommage.
Rainer Maria Woelki est né en 1956 à Cologne. Ses parents étaient originaires de la région de Varmie (Ermland en allemand) en Prusse-Orientale (aujourd’hui en Pologne). On se rappelle que toute la population de ce territoire (et de tant d’autres) fut chassée dès 1945 par les Soviétiques après la Deuxième Guerre mondiale : la plupart des Heimatvertriebene survivants ont trouvé refuge en Allemagne de l’Ouest, dont beaucoup en Rhénanie du Nord-Westphalie. C’était le cas des parents de notre archevêque. Cette circonstance a rendu le Cardinal Woelki particulièrement sensible au sort des réfugiés.
Ordonné prêtre en 1984 par l’archevêque de Cologne de l’époque, le Cardinal Joseph Höffner, il devint rapidement un proche de l’archevêque suivant, le Cardinal Joachim Meisner. Outre diverses missions pastorales, il dirigea de 1997 à 2003 le Collegium Albertinum, qui était principalement, jusqu’à 2024, le lieu de vie des candidats au sacerdoce qui étudiaient la théologie diocésaine à l’Université de Bonn. En 2003, le Cardinal Meisner l’ordonna évêque auxiliaire (Weihbischof) pour son Archidiocèse, chargé en particulier des questions de doctrine, d'œcuménisme, du diaconat permanent, du secteur oriental puis septentrional (dont Düsseldorf) de l’Archidiocèse. Devenu en 2011 archevêque de Berlin, il fut créé cardinal par Benoît XVI en 2012, quelques mois avant que celui-ci ne dépose sa charge : il participa ainsi au conclave de 2013, et c’est le pape qu’il aura contribué à élire, François, qui le nomma nouvel archevêque de Cologne dès 2014. Il succède ainsi à Josef Frings, Joseph Höffner et Joachim Meisner, qui ont beaucoup marqué l’Église allemande et même universelle. Ce n’est qu’avec du recul que nous pourrons décrire ce qu’aura apporté, quant à lui, le Cardinal Woelki, mais nous pouvons déjà commencer à nous en faire une petite idée.
Soulignons tout d’abord sa sincérité et sa loyauté envers sa mission évangélique. Il ne se laisse pas contaminer par l’esprit du monde, par la mode qui se démode : il cherche la vérité des choses, la valeur de ce qui ne passe pas, et rejette les fausses solutions trop faciles, même si cela le fait passer pour un rabat-joie à « gauche » comme à « droite ». On ne peut vraiment pas lui reprocher d’être démagogique !
Son expérience de directeur du Collegium Albertinum l’a certainement bien servi dans sa nouvelle organisation de la formation des séminaristes de son diocèse, dont le nombre a chuté de manière impressionnante depuis la fin des années 1960, à Cologne comme dans toute l’Allemagne. Les imposants bâtiments du Collegium Albertinum font l’objet de profondes rénovations en vue d’une autre utilisation, plus rentable. Les séminaristes, quant à eux, sont hébergés dans les bâtiments du Séminaire diocésain de Cologne et suivent les cours soit à l’université de Bonn, soit dans une structure d’enseignement que le Diocèse a reprise en 2020 de la Société du Verbe Divin : la Kölner Hochschule für Katholische Theologie (KHKT) à Cologne. L’intention du Cardinal est de favoriser la vie commune de ses séminaristes mais aussi de leur proposer un enseignement théologique plus ciblé qu’à l’université de Bonn, même si les cours à la KHKT sont également ouverts à tout public et pas seulement aux séminaristes.
Son doctorat en théologie obtenu par une thèse sur la paroisse l’a-t-il également sensibilisé particulièrement à l’organisation des paroisses ? En tout cas, les changements démographiques, sociétaux et ecclésiaux de ces dernières décennies en Allemagne et dans notre diocèse ont rendu inéluctables la redéfinition des missions des paroisses, le regroupement des structures paroissiales, la rationalisation des ressources humaines et financières et la recherche de nouveaux moyens d’évangélisation. Confronté depuis plusieurs années à un important manque de nouvelles recrues, l’Archidiocèse prévoit une diminution de moitié du nombre de prêtres actifs et d’agents pastoraux en cinq années !
Il s’agit, concrètement, de passer des 178 secteurs paroissiaux (Seelsorgebereichen) actuels à 67 nouvelles unités pastorales (pastorale Einheiten) : ce processus est actuellement en cours. Les Communautés de langue étrangère (Muttersprachliche Gemeinden), comme la nôtre, ne sont pas directement concernées par cette opération de regroupement de paroisses, mais bien par son esprit général de rationalisation, de subsidiarité et de responsabilisation. Parallèlement, le Diocèse de Cologne veut favoriser des initiatives missionnaires non directement liées à la paroisse proprement dit : il accueille depuis 25 années un séminaire Redemptoris mater (du Chemin néocatéchuménal) et a fondé et soutient certains lieux d’évangélisation « church planting », comme celui de nos dynamiques voisins à Sankt-Rochus à Düsseldorf.
Un autre domaine important de rationalisation concerne les jardins d’enfants (Kitas ou Kindertagesstätte) relevant de la Paroisse, qui sont invités à rejoindre Katholino, une nouvelle structure au niveau de tout le diocèse, ce qui déchargerait les Paroisses de leur administration, qui peut être très lourde, afin que les Kitas soient mieux encadrées administrativement et que les paroisses puissent se recentrer sur leurs activités plus proprement pastorales.
Les prêtres et agents pastoraux suiventrégulièrement des sessions de formation continue dans notre diocèse de Cologne. Le Cardinal y insiste sur l’importance de la dimension missionnaire et évangélisatrice de toute action pastorale, à l’écoute des besoins et attentes de nos contemporains. Nous ne faisons pas de pastorale d’entretien, mais une pastorale d’évangélisation : nous ne devons pas répéter toujours les mêmes schémas « comme on a toujours fait », mais nous sommes capables de nous adapter à un monde qui change radicalement mais qui est toujours en manque du Christ Sauveur.
Le Cardinal Woelki est un vrai pasteur, soucieux des personnes concrètes. On se souvient avec gratitude de sa belle proximité avec, par exemple, les participants aux grands rassemblements comme le pèlerinage de l’IKS (les Communautés catholiques de langue étrangère de Cologne) à Rome l’an dernier. Il connaît aussi les prêtres par leur nom, connaît leur histoire et tient à leur adresser des messages fraternels à l’occasion de leur fête ou autre événement personnel marquant : c’est d’autant plus remarquable qu’il a tout de même quelque 660 prêtres diocésains, dont la moitié en service actif, plus quelque 250 autres prêtres (d’autres diocèses et religieux), sans compter tous les agents pastoraux et administratifs d’un Diocèse complexe qui gère d’énormes structures. C’est vraiment touchant !
Tout cela montre que le Cardinal sait ce qu’il veut. Il ne veut pas d’une Église qui regarde en arrière ou d’une Église qui se regarde elle-même mourir, ni d’une Église qui se regarde le nombril. Il veut une Église fondée sur le Christ et sur les Apôtres, proche des gens de son temps et leur apportant le Christ, une Église de disciples-missionnaires. Cette ambition le place bel et bien au niveau de ses illustres prédécesseurs sur la cathèdre de Cologne.
Abbé Ignace Duchatel
+ CSM Aumônier de la Communauté Catholique Francophone
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Image: Reiner Diart
