Léon XIV et son voyage en France : un souffle nouveau dans l’Église ?

2 vues

À l’occasion du prochain voyage du Pape Léon XIV en France, nous pouvons nous pencher sur les statistiques récentes de l’Église catholique en France. Le site d’information « Vatican News » vient d’interroger l’historien Guillaume Cuchet et résume cet entretien par ce titre : « Mutations du catholicisme français, entre effondrement et réveil de la foi. »

Il se trouve que la situation catholique française est observée avec grand intérêt par beaucoup, y compris à l’étranger. Nombre de pasteurs allemands se demandent si observer et analyser le scénario français ne pourrait pas les aider à anticiper de possibles mutations à venir dans leurs propres diocèses et paroisses.

Bien sûr, l’histoire du catholicisme français est très différente de l’histoire du catholicisme allemand : relations entre l’Église et l’État, sociologie des catholiques, lien avec les autres communautés ecclésiales (protestants), structures catholiques dans la société, … Cependant, les réseaux sociaux actuels, tant humains que virtuels, ont tendance à dépasser les frontières : il est donc probable que l’évolution française récente fasse partie d’une mutation de société plus large encore que seulement franco-française. En tout cas, de ce que nous y observons, nous pouvons d’ores et déjà déduire quelques enseignements pour notre paroisse aujourd’hui.

Les pasteurs français ont été surpris par le nombre de catéchumènes. Ce renouveau statistique (qui ne compense pas – loin de là ! – la chute brutale du nombre de baptêmes d’enfants et de mariages religieux) n’est manifestement pas la conséquence logique d’actions pastorales efficaces : les responsables ecclésiaux le reconnaissent humblement. C’est une première leçon que nous pouvons tirer : l’humilité. C’est le Seigneur qui agit. Notre action pastorale ne peut être autre chose que de laisser le Seigneur agir et aider nos contemporains à percevoir cette action du Seigneur. Notre mission est avant tout une mission de fidélité au Christ Jésus et à son Évangile.

Le deuxième enseignement y est lié. Dieu agit, et son action est pertinente pour tout être humain. Nous n’avons pas besoin de prêcher autre chose que le Christ crucifié pour intéresser nos contemporains. Ce qu’ils cherchent dans l’Église, c’est véritablement ce que l’Église est censée leur apporter : le Christ lui-même, à travers la prière, les sacrements et la vie fraternelle vécue par référence explicite au Père, au Fils et au Saint-Esprit. L’Église peut et doit être elle-même ; elle peut et doit annoncer l’Évangile du Christ lui-même.

Un troisième enseignement est l’attitude fondamentale de disponibilité de l’Église et donc de ses membres, pour recevoir et accompagner les personnes désireuses d’être initiées à la vie chrétienne. Nous ne devrions pas être étonnés que l’Évangile interpelle un contemporain ayant eu un parcours de vie très particulier et que celui-ci vienne nous trouver, nous devons adopter une attitude normale d’accueil et d’enthousiasme débordant, même si cela doit nous bousculer et nous entraîner à innover, à faire autre chose que « ce qu’on a toujours fait » !

La Nouvelle Évangélisation ne consiste pas nécessairement à inventer dans un bureau des stratégies de communication et de séduction ou des pratiques démagogiques : elle consiste bien plutôt à être attentifs aux signes des temps, à ouvrir nos yeux et nos cœurs aux nouveaux besoins de nos contemporains, afin d’aider le plus grand nombre à vivre en conformité avec la Vérité qui rend véritablement libre.

don Ignace Duchatel +


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Envoyé !